Prévention en santé : et si l’enjeu était maintenant de passer des initiatives à un véritable système ?

À la suite de la présentation du rapport Construire un système de prévention primordiale de Cyrille Isaac-Sibille, une idée nous semble particulièrement structurante : la prévention ne peut pas reposer uniquement sur l’accumulation d’actions, aussi pertinentes soient-elles. Elle nécessite un cadre, une méthode et une capacité collective à agir dans la durée.

Le rapport propose ainsi de ne pas multiplier les structures, mais plutôt de mieux coordonner l’existant, de clarifier les rôles, de fixer des objectifs et des indicateurs, et de laisser les acteurs s’organiser au plus près des territoires.

C’est probablement l’un des points les plus intéressants : sortir de la « course aux bonnes idées » pour construire une véritable ingénierie de la prévention.

Une ingénierie qui commence par une connaissance fine des réalités :
→ les déterminants de santé et les environnements de vie ;
→ les acteurs présents et leurs interactions ;
→ les actions déjà engagées et leurs impacts ;
→ les données disponibles et celles qui manquent ;
→ les conditions de financement et de pérennisation.

Puis vient la capacité à prioriser, coordonner, déployer et mesurer. Le rapport insiste notamment sur le pilotage par la donnée et la science, avec des objectifs suivis dans le temps, ainsi que sur une prévention davantage territorialisée.

Autrement dit : ne plus travailler « à l’aveugle », mais être capable de savoir ce que l’on fait, pour qui, avec quels acteurs, avec quels moyens et avec quels résultats.

Cette approche fait écho à ce que nous observons dans les projets de transformation en santé : la réussite ne repose pas uniquement sur un dispositif ou un outil. Elle repose sur la coordination des acteurs, la compréhension des organisations, l’ancrage territorial, l’appropriation par les équipes et la capacité à inscrire les usages dans la durée.

C’est aussi tout le sens de l’approche que nous portons chez hashtagUpSanté : accompagner les transformations en conciliant les enjeux métiers, organisationnels et numériques, avec une attention particulière portée aux réalités du terrain.

La prévention pose finalement une question qui dépasse largement le seul champ sanitaire : comment construire collectivement des dispositifs suffisamment structurés pour produire des résultats, mais suffisamment proches des territoires pour rester pertinents ?

Le rapport ouvre cette réflexion. La prochaine étape sera sans doute celle de la mise en œuvre — et de notre capacité collective à transformer cette ambition en actions coordonnées, évaluables et durables.

Fermer la fenêtre